Lucie raconte...

Publié le par Cap Odyssée le Blog

• Lucie

Septième dimanche à bord des Passagers du Vent. Nous débutons notre septième semaine de cette traversée extraordinaire.

Le temps passe vite, très vite, trop vite…, les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Nouveau record de vitesse battu aujourd’hui avec, en courant de fond, 4 noeuds !
On commence à croire que le gulf stream existe, il n’est pas forcément là où on l’attendait, mais ici, à moins de 600 miles de notre arrivée, il est le bienvenu.

Un océan porteur, un vent arrière … Les filles se sentent pousser des ailes sur leur planche.
“notre bonne étoile nous accompagne depuis notre départ. tu te rends compte, même après 42 jours de rame, elle est encore là…”  me chuchote toute à l’heure, Stéphanie à son réveil.

A quelques encablures de notre fameuse ligne d’arrivée, les conditions meteo sont annoncées favorables. Comme si plus rien ne pouvait plus nous arrêter…

Dans cinq – six jours, nous atteindrons notre cher Golfe de Gascogne. Ce nom sent bon la maison, et notre cher pays landais. Le Golfe de Gascogne , cette mer aux reflets d’argent, dont les vagues nous bercent depuis notre tendre enfance.
Qui aurait pensé qu’un jour, une petite planche de 5 mètres de long, serait apparue sur cette ligne d’horizon, que nous aimons observer depuis des générations et des générations de Landais ?
Qui aurait imaginé que cette frêle embarcation aurait pu traverser ce grand océan atlantique, qui nous déferle en chaque mois de septembre, les plus belles vagues à surfer ?

En attendant parler du projet Cap Odyssée et de cette extraordinaire traversée, beaucoup n’y ont pas cru.
Moi, je n’en ai jamais douté.
Il suffit de croiser le regard des trois “femmes skeeper de paddle board” , d’observer aussi les muscles de leurs bras, c’est un fait…, pour comprendre la “terrible” volonté qui les anime, et qui fait qu’elles n’abandonneront jamais.  “Plutôt mourir sur la planche que de ne pas arriver à Capbreton…”, précisent-elles.

Alors, voilà, on y est, on l’a presque fait…, elles ont bientôt réalisé leur challenge, repousser les limites de l’impossible, et sont venues cueillir à la force de leur bras, leur plus joli rêve.

Dans moins de dix jours, nous poserons les pieds à terre, et les sirènes pourront laisser reposer leur corps, maintes fois sollicité.

“L’arrivée” fait l’objet de toutes nos conversations désormais.
Elle que l’on attendait tant, elle qui donne du courage à nos gazelles océanes pour avancer, elle qui s’est invitée dans la plupart de nos rêves lorsque le sommeil nous happait, elle que l’on s’est imaginée belle, émouvante, festive, unique, …à la hauteur de l’exploit annoncé.
Chacun à bord raconte aux autres son arrivée souhaitée.
Jean-Luc s’assèche le palais, en imaginant la bonne bière fraîche qu’il pourra avaler, sur une des terrasses capbretonnaises.
Flora , tous les matins, s’allonge quelques minutes par terre avant son premier relais. Bien emitouflée dans sa combi TPS, elle ressent déjà les bienfaits du massage intégral qu’elle va s’octroyer.
Fred se lèche les babines en se voyant croquer dans une pêche ou un melon tout frais.
Alex a déjà réservé son menu, pour le resto que sa belle famille doit lui offrir : frites, steak, glace hagendaas aux pépites de chocolat.
Adrien s’échauffe , il ira surfer, et espère le tube parfait.
Yves commence à danser dans le carré…, il a hâte de faire une fête “à tout casser”. Il faut dire qu’à chaque dimanche, il lance la musique et espère que tout le monde va se lâcher ; mais après le bon repas dominical dégusté, tout le monde va se coucher, exténué.
Stéphanie, sur sa planche, répète inlassablement les chansons de son chanteur préféré, pour pouvoir l’accompagner de sa voix de princesse, dès son arrivée sur le quai. (Francis, n’oublie pas ta guitare pour l’arrivée !)
Et moi, je prépare mes petits mollets, j’aimerais aller me balader à pied, ou en vélo, sur un chemin de terre, dans notre belle forêt.

En dehors de nos petits plaisirs personnels ou immédiats, tous, on souhaite pouvoir embrasser nos proches, et les serrer dans nos bras dès la ligne franchie.
Alex, Steph, Yves pensent à leur chéri, leur femme ou leur mari. Jean-Luc à ses deux garçons qu’il n’a pas vu depuis trois mois. Flora à sa maman, ses frères et soeurs qui viendront de Toulon, à tous les garçons qu’elle voudra embrasser sur le ponton. Adrien retrouvera sa famille dacquoise. Fred sa famille d’Arcachon. Moi je pourrai enfin rencontrer pour la première fois, mon petit neveu, il aura presque deux mois.

Cette arrivée sera belle, on le sait, parce que vous tous, fidèles du site, amis, partenaires, bénévoles, qui nous soutenez depuis des mois, serez là, présents ou par la pensée. Sans vous, et votre soutien, cette traversée n’aurait peut-être pas pu se faire, en tout cas, pas avec la même intensité.
C’est pour cela que nous souhaitons de tout coeur pouvoir vous offrir une fin de traversée digne de votre générosité.
Alors soyez prêts !

En attendant, on vous avoue que, ici, l’objectif c’est de profiter de chaque instant qu’il nous reste à partager à bord. Nous savons que, à l’arrivée, nous devrons nous séparer…

A très bientôt et merci

Publié dans Aout Actualité

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