Le courier de la Nouvelle-Ecosse, du 5 juin 2009.

Publié le par Cap Odyssée le Blog




Le Courrier de la Nouvelle-Écosse Le vendredi 5 juin 2009
 

Lors d’une session d’entraînement, Alexandra Lux rame sur la planche

de sauvetage sous l’oeil attentif de Stéphanie Geyer-Barneix prête à

prendre le relais.


Damien Douillard

BAIE DES BOUDREAU, Isle-

Madame : À un peu plus de

deux semaines de leur départ,

Stéphanie Geyer-Barneix, Flora

Manciet et Alexandra Lux

peaufinent les derniers détails

de leur traversée de l’Atlantique

sur une planche de sauvetage

et à la force de bras avant leur

arrivée imminente à Halifax.

Voici la suite de notre entrevue

avec Alexandra Lux, la cadette

de ces sportives de haut niveau

qui vont défier l’Atlantique (Le

Courrier de la Nouvelle-Écosse

du 19 mai 2009).


Avez-vous une préparation

mentale spécifique?

Oui, nous avons déjà

eu plusieurs sessions de

préparation mentale car l’affectif

joue un rôle important dans une

épreuve sportive comme celle

qui nous attend. Il y a parfois

des réactions réticentes quant à

notre projet, mais il ne faut pas

que ces commentaires affectent

négativement notre motivation et

notre détermination. La première

session nous a appris à gérer

des situations problématiques

qui pourraient arriver comme

rencontrer un requin, par

exemple. Le fait d’y être

préparé aidera à ne pas céder

à la panique et on a déjà pensé

à des solutions possibles; ce qui

enlève un poids considérable

sur la conscience. Nous allons

aussi enregistrer sur nos I-Pod

des séances de relaxation que

nous avons déjà pratiquées

et qui nous permettent de

récupérer une heure et demie

de sommeil en 20 minutes. Si,

par moments, nous n’avons pas

envie d’aller à l’eau en raison du

froid ou de la peur par exemple,

nous avons été préparées à

nous concentrer sur une image

mentale positive et motivante

de notre vie courante et à nous

recentrer sur nous-mêmes, sur

les mouvements de nos bras,

notre souffle, notre objectif…


De quoi sera équipée

votre planche finalement?

Notre planche d’une quinzaine

de pieds, toute en pain de

mousse et recouverte d’epoxy,

sera équipée d’un compas de

navigation qui nous permettra

de suivre constamment les

indications du barreur Yves

Parlier qui communiquera

avec nous grâce à un système

VHF. D’ailleurs, la Britannique

Samantha Levis, quatrième du

dernier Vendée Globe Challenge

course en solitaire autour du

pôle sud – nous a gracieusement

cédé son système de

télécommunication vidéo : c’est

fort apprécié. Notre gourde de

jus de citron sucré – destiné à

notre hydratation permanente

sera fixée à la planche. En plus

de notre balise de repérage, le

GPS nous permettra de connaître

notre position exacte et en cas

d’interruption momentanée de

la traversée, nous reviendrons

reprendre notre position exacte

pour en repartir. Aussi, une trappe

sous laquelle on retrouvera des

fusées de détresse, une ration

d’eau et une ration de nourriture

a été installée. À l’arrière, un

mât en carbone équipé d’un

réflecteur radar fera que nous

serons localisables par tous les

bateaux que nous croiserons sur

notre route et évitera ainsi toute

collision. Sur sa pointe, un feu

de signalisation aidera à notre

repérage tout comme un laser

dirigé vers l’arrière.


Et finalement,

quel sera votre équipement?

Nous porterons deux types

de combinaisons. La première

est une combinaison de survie

tout spécialement équipée de

gants intégrés, surtout pour

les 500 ou 600 premiers

kilomètres. Lors de notre

visite à l’automne, nous avons

découvert que la température de

l’eau de l’Atlantique à la Baie

des Boudreau était aux alentours

de 10 degrés Celsius (°C). Nous

nous sommes entraînées dans

des conditions hivernales

en France et avons essayé

différents types de gants plus

ou moins efficaces. Le fait de les

intégrer à la combinaison va nous

éviter de prendre froid et rend

la combinaison complètement

étanche. Ensuite, une fois sur

le courant du Gulf Stream,

nous pourrons normalement

utiliser la combinaison de surf

en néoprène, plus souple pour

nos mouvements et mieux

adaptée pour des conditions plus

clémentes, c’est-à-dire une eau

à 16 ou 18°C. Personnellement,

à part avec des conditions

excellentes, je pense porter la

combinaison de survie pour la

navigation de nuit.


Photo : Courtoisie Alexandra Lux

Lors d’une session d’entraînement, Alexandra Lux rame sur la planche

de sauvetage sous l'œil attentif de Stéphanie

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